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CRIET : 5 ans de prison requis contre le commissaire Delcoz Kindjanhoundé

Le ministère public a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et un million de FCFA d’amende contre le commissaire de police Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé. Poursuivi notamment pour apologie de crime contre la sûreté de l’État et détention illégale d’arme à feu, il connaîtra son sort le 14 décembre 2026.

Le procès de Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé a connu un nouvel épisode ce lundi 26 octobre 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Au terme des débats, le parquet a demandé à la juridiction de condamner le commissaire de police à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de FCFA.

Au cœur du dossier figure une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 8 décembre 2025, au lendemain de la tentative de coup d’État survenue à Cotonou. Le policier y apparaît en tenue de service et tient des propos dirigés contre le pouvoir en place. Pour le ministère public, cette publication s’apparente à un appel à la rébellion.

Le parquet a également retenu contre le prévenu des faits d’apologie de crime contre la sûreté de l’État et de détention illégale d’arme à feu. Concernant cette dernière accusation, le représentant du ministère public a estimé que la possession de l’arme ne se justifiait pas au regard du statut du commissaire.

La défense invoque le parcours du policier

Face aux réquisitions, Me Julien Togbadja a plaidé en faveur de son client, invitant les juges à prendre en considération son parcours professionnel et les épreuves qu’il aurait traversées dans l’exercice de ses fonctions.

L’avocat a notamment insisté sur la situation financière du commissaire, affirmant que celui-ci ne possédait même pas de moto et ne disposait que de 2 000 à 4 000 FCFA sur son compte bancaire. « Cet homme est-il méchant ? », a-t-il interrogé devant la Cour.

La défense a également évoqué les conséquences psychologiques des missions effectuées dans le nord du Bénin, où le policier avait été déployé dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Selon son avocat, cette expérience l’aurait profondément marqué.

L’arme retrouvée à son domicile contestée

Sur le volet relatif à la détention illégale d’arme à feu, Me Togbadja a contesté la responsabilité de son client. Il a soutenu que l’arme retrouvée au domicile du commissaire était une arme artisanale qui ne lui appartenait pas, mais qui provenait d’une enquête.

D’après les explications avancées par la défense, le policier aurait conservé des dossiers chez lui faute de disposer encore d’un bureau, afin de les mettre en sécurité.

Au cours de sa plaidoirie, l’avocat a également fait référence à l’histoire de Cléopâtre et déposé une nouvelle pièce au dossier. Il a conclu son intervention par un appel adressé aux juges : « Sauvez l’homme ».

Lors de ses précédentes comparutions, le commissaire avait expliqué sa démarche par un devoir de mémoire, évoquant le « respect de l’âme des morts » en lien avec son expérience dans le nord du pays.

À l’issue de cette audience, la CRIET a renvoyé l’affaire au 14 décembre 2026 pour le délibéré. Le commissaire Landry Bignon Delcoz Kindjanhoundé devra donc attendre cette date pour connaître la décision de la Cour.

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