VISITE DE WADAGNI À NIAMEY : VERS UNE RÉOUVERTURE IMMINENTE DE LA FRONTIÈRE ENTRE LE BÉNIN ET LE NIGER
Le président béninois Romuald Wadagni a effectué, ce mardi 2 juin 2026, une visite de travail et d’amitié à Niamey, marquant une étape décisive dans le réchauffement des relations entre le Bénin et le Niger. Au terme de ses échanges avec son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, les deux dirigeants ont affiché leur volonté commune de rouvrir la frontière entre leurs pays et de relancer la coopération bilatérale.
Une rencontre placée sous le signe du rapprochement
Dix jours seulement après son investiture, Romuald Wadagni a fait du Niger l’une des premières étapes de sa tournée diplomatique sous-régionale, après une visite officielle au Nigeria la veille.
À son arrivée à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le président béninois a été accueilli par le général Tiani, entouré de plusieurs responsables civils et militaires ainsi que de représentants de la communauté béninoise vivant au Niger.
Les deux chefs d’État ont ensuite tenu un entretien en tête-à-tête au Palais présidentiel avant de présider une séance de travail élargie à leurs délégations respectives. Ces échanges ont débouché sur un communiqué conjoint traduisant une volonté affirmée de tourner la page des tensions qui ont marqué les relations entre les deux pays ces dernières années.
Réouverture de la frontière : un comité d’experts mis en place ayant un ultimatum de 15 jours pour décider de la réouverture ou non de la frontière
Parmi les principales décisions annoncées figure la perspective d’une réouverture prochaine de la frontière Niger-Bénin.
Les deux dirigeants se sont engagés à lever les obstacles qui freinent encore le renforcement de la coopération entre leurs États. À cet effet, un comité d’experts a été mis en place avec pour mission d’identifier les difficultés persistantes, de proposer des solutions concrètes et de soumettre ses recommandations aux autorités des deux pays dans un délai de quinze jours.
Une invitation officielle à Cotonou
Sur le plan diplomatique, la rencontre a également été marquée par l’invitation adressée par le président Romuald Wadagni au général Abdourahamane Tiani pour effectuer une visite officielle à Cotonou.
Le président nigérien a accepté cette invitation. La date de cette visite sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.
Trois années de tensions en voie d’apaisement
Cette avancée intervient après près de trois années de crispations entre Cotonou et Niamey.
À la suite du coup d’État survenu au Niger en juillet 2023, les relations entre les deux pays se sont progressivement dégradées. Bien que le Bénin ait rouvert sa portion de frontière en février 2024 après la levée des sanctions de la CEDEAO, les autorités nigériennes avaient maintenu la fermeture de leur côté, invoquant des raisons de sécurité nationale.
Les divergences se sont également manifestées autour de l’exploitation du pipeline pétrolier Niger-Bénin. Plusieurs incidents diplomatiques, dont l’expulsion réciproque de diplomates en janvier 2026, ont davantage accentué les tensions. À cela se sont ajoutées les accusations récurrentes de Niamey concernant une supposée présence militaire française sur le territoire béninois.
Une nouvelle page dans les relations nigéro-béninoises
La visite de Romuald Wadagni constitue la première visite officielle d’un président béninois au Niger depuis l’arrivée au pouvoir du général Tiani.
Au-delà de la question frontalière, les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur partenariat dans plusieurs domaines stratégiques, notamment les secteurs politique, économique, scientifique et culturel. Ils ont également convenu de relancer les activités de la Commission mixte de coopération nigéro-béninoise afin de donner un nouvel élan aux relations entre les deux pays.
Les conclusions attendues du comité d’experts ainsi que la future visite du général Tiani à Cotonou seront particulièrement suivies, tant elles pourraient confirmer l’ouverture d’une nouvelle ère de coopération entre le Bénin et le Niger.
Cyrille AHOSSI



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