FORUM SOCIAL MONDIAL 2026 : COTONOU S’APPRÊTE À ACCUEILLIR PLUS DE 50 000 PARTICIPANTS VENUS DE 150 PAYS
À un peu plus d’un mois de l’ouverture du Forum social mondial (FSM) 2026, le Comité national d’organisation a officiellement lancé, le 26 juin à l’Université d’Abomey-Calavi, la campagne nationale et internationale de mobilisation. Prévu du 4 au 8 août prochain, ce rendez-vous d’envergure mondiale rassemblera à Cotonou des dizaines de milliers d’acteurs de la société civile, de mouvements sociaux, de syndicats, d’organisations paysannes, de jeunes et de femmes venus de plus de 150 pays.

Vingt-cinq ans après la création du Forum social mondial à Porto Alegre, au Brésil, le Bénin accueillera pour la première fois cette grande rencontre internationale de réflexion, de dialogue et de mobilisation citoyenne. Les organisateurs ambitionnent de faire de cette 17ᵉ édition un espace privilégié de débats et de propositions face aux grandes crises qui secouent le monde.
Une réflexion mondiale autour des crises contemporaines
Placée sous le thème « Gouvernance des ressources naturelles et luttes populaires face aux crises globales : quelles alternatives pour la paix, la cohésion sociale et le développement durable ? », cette édition entend apporter des réponses aux défis climatiques, économiques, sociaux, migratoires et sécuritaires qui affectent particulièrement les pays du Sud.
Présentant les enjeux de cette rencontre, le porte-parole du Comité national d’organisation, Sa Majesté Dada Zéhè, a rappelé que le Forum social mondial demeure « le plus grand espace de débat démocratique, de formulation de propositions et de structuration des luttes populaires ».

Selon lui, le choix de cette thématique répond à l’urgence des crises auxquelles fait face la planète, notamment en Afrique, où les ressources naturelles, minières, énergétiques et agricoles sont soumises à de fortes pressions.
Les organisateurs estiment ainsi que le FSM 2026 constituera une tribune exceptionnelle pour les mouvements sociaux africains afin de porter leurs préoccupations sur la scène internationale et de promouvoir des alternatives en matière de souveraineté alimentaire, économique et environnementale.
Ils rappellent également que le choix du Bénin repose sur plusieurs atouts, notamment sa tradition de dialogue, sa stabilité politique et le dynamisme de sa société civile, autant d’éléments favorables à la libre expression et à la recherche de solutions durables.
Plus de 50 000 participants et 250 activités programmées
Les chiffres annoncés illustrent l’ampleur de l’événement. Plus de 50 000 participants issus de plus de 150 pays sont attendus durant les cinq jours du Forum.

Au programme figurent plus de 250 sessions, ateliers, panels et espaces d’échanges consacrés aux grands enjeux mondiaux.
« L’enjeu est de taille : transformer les discussions en véritable force de propositions concrètes pour un monde plus juste et durable », a souligné Sa majesté Dada Zéhè lors du lancement officiel de la campagne de mobilisation.

Les activités se dérouleront principalement sur plusieurs sites de Cotonou, d’Abomey-Calavi, de Porto-Novo et d’Ouidah.
Treize villages thématiques seront installés sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi. Des espaces spécifiques accueilleront également les chefs coutumiers et religieux à Ouidah ainsi que les parlementaires à Porto-Novo.
Les échanges porteront notamment sur le climat, la souveraineté alimentaire, l’agroécologie paysanne, les droits des femmes, la jeunesse, les migrations, l’économie sociale et solidaire, les médias alternatifs, la justice sociale, la gouvernance et la cohésion sociale.
Pour garantir le succès de cette rencontre, le Comité national d’organisation a mis en place un important dispositif comprenant neuf grandes organisations nationales, plusieurs commissions spécialisées et un réseau de plus de 1 000 bénévoles.

Une vaste campagne de sensibilisation est déjà en cours dans les douze départements du Bénin, mobilisant autorités locales, organisations communautaires, radios de proximité, réseaux sociaux et volontaires.
Parallèlement, plusieurs caravanes internationales convergent vers le Bénin depuis les pays sahéliens, les États côtiers d’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale afin de renforcer la mobilisation continentale.

Une jeunesse placée au cœur des solutions
La jeunesse occupe une place centrale dans cette édition du Forum.
Point focal de la commission jeunesse et représentant du réseau des jeunes, Innocent Houédji a insisté sur la nécessité d’associer davantage les jeunes à la recherche de solutions face aux crises actuelles.
Selon lui, dans un contexte marqué par le chômage, l’extrémisme violent et de multiples difficultés sociales, la jeunesse constitue un levier essentiel de transformation.

« La jeunesse est bien placée au centre de ce forum », a-t-il affirmé, saluant la création d’une commission spécialement dédiée aux jeunes afin de leur permettre de participer pleinement aux réflexions et à la co-construction des solutions avec les autres acteurs du changement.
Il a également lancé un appel à une forte mobilisation autour du « Camp des jeunes », l’un des principaux espaces du Forum, invitant médias, organisations et citoyens à relayer largement l’information.

Une vitrine internationale pour le Bénin
Au-delà des débats, le Forum social mondial 2026 représente une importante opportunité pour le Bénin.
Les organisateurs s’attendent à des retombées économiques significatives pour les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du transport, de l’artisanat et du tourisme.
L’événement devrait également contribuer au renforcement des capacités des organisations de la société civile béninoise tout en accroissant la visibilité internationale du pays.

Les initiateurs ambitionnent surtout de faire de Cotonou un véritable carrefour mondial du dialogue citoyen et de la construction d’alternatives face aux crises contemporaines.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les défis climatiques et l’aggravation des inégalités, ils considèrent cette rencontre comme une occasion unique de fédérer les énergies autour de solutions fondées sur la solidarité entre les peuples.
« Un autre monde est possible », rappellent-ils, en invitant les citoyens, les organisations et les mouvements sociaux à se mobiliser massivement pour prendre part à ce rendez-vous historique prévu du 4 au 8 août 2026.
Oscar S. MEDO-ADOKON



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