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RETOUR AU PACTE ÉCOLE-CAHIER-LIVRE : LE GSPAR LANCE UN PLAIDOYER POUR RÉGLEMENTER LE TÉLÉPHONE À L’ÉCOLE

« Le téléphone sait tout. Mais seul l’Homme sait qu’il sait. » À travers cette formule, le Groupe de réflexion Générations solidaires pour avancer et rassemblés (GSPAR) entend relancer le débat sur les fondements de l’éducation au Bénin. Son président, Romulus Nassi ADJAKIDJE, plaide pour le retour au pacte École-Cahier-Livre et une réglementation adaptée de l’utilisation du téléphone dans les établissements scolaires. L’objectif n’est pas de rejeter le progrès technologique, mais de préserver les capacités de réflexion, de mémorisation et de création des apprenants.

UNE ÉCOLE EN QUÊTE DE REPÈRES FACE AUX DÉFIS DE LA MODERNITÉ

Il faut oser le dire. Il faut oser le crier. L’école béninoise est malade. Malade d’une modernité mal comprise, mais aussi d’une démission silencieuse face à certaines dérives qui menacent les fondamentaux de l’apprentissage.

C’est face à ce constat que le GSPAR a décidé de faire du retour au pacte École-Cahier-Livre et de la réglementation du téléphone en milieu scolaire un véritable combat. Pour ses initiateurs, il est nécessaire qu’une voix s’élève pour susciter une prise de conscience collective et ouvrir un débat de fond sur l’avenir de l’éducation au Bénin.

Le groupe est conscient de l’ampleur du défi. Mais convaincu de l’importance de cet enjeu pour les générations futures, il affirme sa détermination à poursuivre son engagement. Car, au-delà du téléphone, c’est la place de l’effort, de la discipline et de la transmission du savoir dans notre système éducatif qui est en question.

LE BÉNIN, ANCIEN « QUARTIER LATIN DE L’AFRIQUE » : UN HÉRITAGE À PRÉSERVER

Souvenons-nous de ce que nous étions.

Le Bénin, héritier d’une tradition intellectuelle reconnue, a longtemps été présenté comme le « Quartier latin de l’Afrique », en référence à la qualité de ses cadres, de ses enseignants, de ses intellectuels et de ses hommes de lettres.

Des figures emblématiques ont contribué à bâtir cette réputation. Comment oublier Paul Hazoumé, auteur de Doguicimi ? Comment ne pas évoquer Olympe Bhêly-Quenum, Jean Pliya, auteur de Kondo le requin, Florent Couao-Zotti, ou encore les penseurs Albert Tévoédjrè et Paulin Hountondji ?

Ces figures, parmi tant d’autres, rappellent l’importance de la lecture, de la réflexion, de la recherche et du travail intellectuel dans la construction du savoir.

Pour le GSPAR, cette tradition doit inspirer les choix éducatifs d’aujourd’hui. Le pacte École-Cahier-Livre symbolise précisément cette exigence : apprendre à lire, à écrire, à comprendre, à mémoriser et à raisonner par un effort personnel soutenu.

À l’époque où ces générations se sont formées, les outils numériques actuels n’existaient pas. La mémoire, la lecture et le travail personnel occupaient une place centrale dans l’acquisition des connaissances. Le défi contemporain consiste donc à préserver ces fondamentaux tout en tirant profit des possibilités offertes par les nouvelles technologies.

SAVOIR ET CONNAISSANCE : UNE DISTINCTION ESSENTIELLE POUR L’ÉDUCATION

Pour le GSPAR, il est temps de mieux distinguer la connaissance du savoir.

La connaissance peut être considérée comme l’ensemble des informations accessibles à un individu. Elle se trouve dans les livres, les encyclopédies, les bases de données, les téléphones et les outils d’intelligence artificielle. Grâce à ces technologies, une information peut désormais être retrouvée en quelques secondes.

Le savoir, en revanche, suppose un travail d’appropriation. Il se construit lorsque l’individu comprend, assimile, met en relation et mobilise les connaissances acquises. Il ne s’agit plus seulement de trouver une réponse, mais de la comprendre, de la retenir et de savoir l’utiliser à bon escient.

C’est précisément cette transformation que le GSPAR souhaite préserver chez les apprenants. À ses yeux, le risque apparaît lorsque l’accès immédiat à l’information se substitue progressivement à l’effort de réflexion et de mémorisation.

L’élève ne cherche plus nécessairement à retenir : il consulte. Il ne prend plus toujours le temps de comprendre : il capture l’information. Or, l’éducation ne saurait se réduire à l’accumulation de données disponibles sur un écran.

La prise de notes manuscrite, la lecture attentive, la rédaction personnelle et la résolution autonome des exercices demeurent des pratiques importantes pour développer les capacités intellectuelles. Elles doivent continuer à occuper une place centrale dans les apprentissages.

TÉLÉPHONE À L’ÉCOLE : LE RISQUE D’UNE DÉPENDANCE AU DÉTRIMENT DE L’INTELLIGENCE

Le GSPAR alerte également sur les conséquences possibles d’une utilisation excessive ou inappropriée du téléphone sur la concentration, la mémorisation et la créativité des apprenants.

Lorsqu’un élève interrompt constamment son travail pour consulter son écran, répondre à des notifications ou parcourir les réseaux sociaux, son attention peut être fragmentée. À terme, ces habitudes risquent de compliquer la lecture prolongée, l’apprentissage en profondeur et la réalisation de tâches nécessitant un effort soutenu.

La question dépasse donc la simple présence d’un téléphone dans une salle de classe. Elle concerne la capacité de l’enfant à rester concentré, à réfléchir par lui-même et à développer son autonomie intellectuelle.

Un apprenant qui ne parvient plus à lire quelques pages sans consulter son téléphone doit amener éducateurs et parents à s’interroger sur ses habitudes numériques et sur les mesures d’accompagnement nécessaires.

Pour le GSPAR, aucune technologie ne doit se substituer à la capacité humaine de raisonner, de comprendre et de créer. Les outils numériques doivent soutenir l’intelligence, et non devenir un obstacle à son développement.

LE GSPAR N’EST PAS CONTRE LE PROGRÈS : IL PLAIDE POUR UNE RÉGLEMENTATION INTELLIGENTE

Faut-il pour autant bannir définitivement les téléphones de tous les établissements scolaires ? Le GSPAR répond par une distinction essentielle : réglementer ne signifie pas rejeter la technologie.

Le téléphone peut constituer un outil précieux au service de l’éducation. Il ouvre l’accès à des ressources documentaires, facilite la recherche et peut contribuer au développement du télé-enseignement et des classes numériques. Durant la pandémie de Covid-19, les technologies numériques ont notamment permis de maintenir certaines activités pédagogiques à distance.

Elles peuvent également rapprocher les apprenants de ressources éducatives internationales et élargir leurs possibilités d’apprentissage, y compris dans les localités éloignées des grands centres urbains.

Une interdiction systématique, sans distinction des besoins pédagogiques ni des niveaux d’enseignement, risquerait donc de priver les élèves de certains usages utiles.

C’est pourquoi le GSPAR défend une réglementation réfléchie, proportionnée et adaptée à l’âge des apprenants, aux réalités des établissements et aux objectifs pédagogiques poursuivis.

L’enjeu n’est pas de choisir entre le livre et le téléphone, mais de déterminer la place que chacun doit occuper dans le processus éducatif.

PRIMAIRE, COLLÈGE, LYCÉE ET UNIVERSITÉ : LES MESURES PRÉCONISÉES PAR LE GSPAR

Dans le cadre de son plaidoyer, le GSPAR propose une approche différenciée selon les niveaux d’enseignement.

Au primaire : le bannissement du téléphone personnel dans l’enceinte scolaire

Pour le groupe, les premières années de scolarité doivent prioritairement être consacrées à l’acquisition des fondamentaux : lire, écrire, compter, comprendre et développer les capacités d’expression. Il préconise donc l’interdiction du téléphone personnel dans l’enceinte des établissements primaires, tout en laissant la possibilité d’usages pédagogiques spécifiques sous la responsabilité des enseignants, lorsque cela est nécessaire.

Au collège : une réglementation stricte et un usage pédagogique autorisé

Le GSPAR propose que les téléphones soient éteints et déposés dans des casiers à l’entrée des établissements, selon des modalités à définir. Leur utilisation ne serait autorisée que sur instruction d’un enseignant et pour une activité pédagogique précise. Cette approche vise à limiter les distractions tout en préservant les possibilités d’apprentissage offertes par le numérique.

Au lycée et à l’université : un usage encadré au service de la recherche

À ces niveaux, le groupe préconise un usage davantage adapté aux exigences de la formation. Le téléphone pourrait être utilisé pour la recherche documentaire et les activités pédagogiques autorisées. En revanche, son utilisation serait proscrite pendant les évaluations et, durant les cours magistraux, sauf lorsqu’il constitue un outil numérique explicitement intégré à l’enseignement.

À travers ces propositions, le GSPAR entend promouvoir une gestion du téléphone qui tienne compte des besoins propres à chaque étape du parcours scolaire et universitaire.

ÉCOLE-CAHIER-LIVRE : LE SOCLE, LE TÉLÉPHONE : UN OUTIL, JAMAIS UN MAÎTRE

Le message du GSPAR se veut clair : le retour au pacte École-Cahier-Livre ne signifie pas un retour en arrière. Il s’agit plutôt de réaffirmer les fondements de l’apprentissage dans un environnement marqué par l’omniprésence du numérique.

L’école doit continuer à former des esprits capables de lire, de comprendre, de mémoriser, d’analyser et de produire une pensée personnelle. Le cahier doit rester un espace d’exercice et de construction intellectuelle. Le livre doit conserver sa place dans la transmission des connaissances. Quant au téléphone, il doit être utilisé comme un moyen complémentaire, selon des règles adaptées aux exigences éducatives.

Le GSPAR appelle ainsi les parents, les enseignants, les responsables d’établissements, les autorités publiques et l’ensemble de la société à prendre part à cette réflexion collective.

Le groupe estime que l’avenir de l’école béninoise dépend aussi de la capacité des nouvelles générations à retrouver le goût de l’effort, de la lecture et de l’apprentissage approfondi.

Le débat est désormais posé : comment concilier les possibilités offertes par les technologies numériques avec la nécessité de former des apprenants autonomes, disciplinés et capables de penser par eux-mêmes ?

Pour le GSPAR, le combat du pacte École-Cahier-Livre doit contribuer à apporter une réponse durable à cette question.

« Le téléphone sait tout. Mais seul l’Homme sait qu’il sait. »

GSPAR — Pour l’École républicaine.

Ccom de communication / GSPAR

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