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Salon National du Livre : quand les contes deviennent des outils de transmission et de cohésion culturelle

Dans le cadre feutré du Café littéraire du Salon National du Livre, tenu à Cotonou le mercredi 19 novembre 2025, un atelier singulier a mis en lumière le rôle fondamental des contes dans la formation des valeurs et la préservation de l’identité culturelle. Deux auteurs, figures engagées de la scène littéraire béninoise, ont partagé leur vision d’un art ancestral toujours vivant, capable de façonner les consciences et de tisser des liens intergénérationnels.

Un héritage vivant qui traverse le temps

Face au public, l’écrivaine et conteuse Aïcha Lawani a ouvert la discussion en affirmant que « le conte n’est pas un simple divertissement, c’est une école de la vie ». Pour elle, les récits traditionnels constituent des outils pédagogiques puissants, porteurs de normes sociales, de respect, de solidarité et de sagesse. Elle rappelle que, dans de nombreuses communautés, le conteur joue un rôle central : médiateur, sage et gardien de la mémoire collective.

À sa suite, l’auteur jeunesse Rodrigue Kossi a insisté sur la nécessité d’adapter les contes aux réalités contemporaines : « Nos enfants doivent se reconnaître dans les histoires qu’on leur raconte. Il faut que les valeurs soient transmises sans être figées. » Selon lui, l’enjeu réside dans l’équilibre entre authenticité et accessibilité, notamment grâce aux supports numériques qui permettent de toucher un public plus large.

Le débat a aussi souligné la relation subtile entre tradition orale et écriture. Si la mise à l’écrit garantit une meilleure conservation, certains participants redoutent une perte de spontanéité. « Le conte vit dans la voix, dans le regard, dans le silence entre les mots », a confié une enseignante en lettres, rappelant la richesse unique de la performance orale.

Les contes, un ciment social et éducatif

Les intervenants ont unanimement reconnu le rôle central des contes dans la construction d’une citoyenneté éclairée. « À travers les récits, on apprend à vivre ensemble, à comprendre l’autre, à respecter les différences », a souligné Rodrigue Kossi.

Dans un contexte de mondialisation et de crise des repères, les contes apparaissent comme des ressources essentielles : ils nourrissent l’imaginaire, renforcent les valeurs fondamentales et favorisent le vivre-ensemble.

Ce Café littéraire démontre que les contes, loin d’être des vestiges du passé, demeurent des instruments d’éducation, de dialogue et de résilience. En conjuguant tradition et innovation, les auteurs présents ont rappelé que la littérature orale reste un pilier incontournable de la transmission culturelle et éthique une parole vivante, en perpétuel mouvement, au service de l’humain.

Araphath ADAM

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