Au Bénin, la femme enceinte a des droits contenus dans un arsenal juridique bien étoffé. Cependant et pour plusieurs raisons, ces droits sont peu ou pas respectés du tout.
Lorsque l’enfant parait, le cercle de famille applaudit à grands cris, cette citation de Victor Hugo contraste bien avec le mépris dont sont victimes certaines femmes sur le point d’accoucher. Avant la délivrance, la mère qui porte la grossesse bénéficie peu d’une attention idéale au point que ses droits, même consacrés par plusieurs lois et règlements, soient bafoués.

De leurs droits en milieu de travail
En milieu de travail et pour celles qui sont dans les services publics ou privés, le Code du Travail de 1998 et la loi n° 98-019 du 21 mars 2003 relative au Code de sécurité sociale prévoient à leur profit des congés de maternité payés, elles ont également droit à des allocations prénatales et à des prestations familiales. Aussi les employeurs sont t-ils tenus de fournir des conditions de travail adaptées aux femmes enceintes, notamment en matière de sécurité et de santé. Plus loin, la loi béninoise autorise l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans certaines conditions, notamment lorsque la grossesse met en danger la vie de la femme ou en cas de viol ou d’inceste.

Il est clair que les femmes enceintes ont droit à des soins de santé de qualité, y compris des services de prévention, de diagnostic et de traitement des maladies. Mais force est de constater que la réalité sur le terrain reste écœurant. Certains patrons d’entreprise brillent par une indifférence qui frise le mépris des femmes enceintes pourtant employées dans leur service avec des rendements parfois plus probants que certains employés de sexe masculin.
De leur protection contre les violences
Les femmes enceintes sont protégées contre les violences basées sur le genre, y compris les violences conjugales et les mariages forcés. La Loi n° 2011-26 du 09 janvier 2012 prévoit des mesures de prévention et de répression des violences faites aux femmes.
L’INF et autres structures comme bouclier
Créé le 21 juillet 2021 en Conseil des Ministres, l’Institut National de la Femme est une structure rattachée à la Présidence de la République. Hormis la promotion de la femme sur tous les plans, l’Institut s’occupe également des questions de violences basées sur le genre, et de la lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard de la femme. Pour cela, l’Institut pourra ester en justice ou s’autosaisir sur ces questions.
Les femmes enceintes ont droit à l’éducation et à l’information sur leurs droits et leurs besoins en matière de santé reproductive. Elles bénéficient également de programmes de soutien et de protection, notamment en matière de nutrition et de santé mentale.
Il est important de noter que ces droits sont protégés par la Constitution béninoise et par des lois spécifiques. Les femmes enceintes qui rencontrent des difficultés pour exercer leurs droits peuvent contacter des organisations de défense des droits des femmes, telles que WILDAF Bénin ou EFB (Emergence de la Femme Béninoise).

De l’accueil qui laisse à désirer dans certains hôpitaux
‘’Je ne t’ai pas envoyé écarter tes jambes, donc tu te tais’’, ce bout de phrase que lancent souvent certaines sages-femmes à des parturientes en travail le jour de l’accouchement est une arme de destruction morale et même psychologique quand on sait la douleur de l’enfantement. Mieux, cela surprend que ce soit des femmes mères ou appelées à le devenir qui profèrent de telles insultes’’. L’accueil dans les hôpitaux au Bénin est une préoccupation majeure du gouvernement, qui a lancé une campagne « Tolérance Zéro » contre les mauvais accueils dans les structures sanitaires. Cette initiative vise à améliorer la qualité des prestations dans les centres de santé et à renforcer les droits et devoirs des patients.
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin a annoncé cette campagne en septembre 2025, soulignant que l’objectif est de garantir le respect des patients et d’améliorer la qualité des soins dans les centres de santé, qu’ils soient publics ou privés.
Plusieurs réformes ont été mises en place pour améliorer la qualité des soins, notamment la création d’une commission de contrôle de la qualité, la suspension de l’exercice en clientèle privée pour les agents de santé de l’État, et la mise en place d’un nouveau système de garde et d’astreinte pour les agents de santé.

Cependant, malgré ces efforts, il semble que des problèmes persistent, notamment en ce qui concerne l’accueil et la qualité des soins dans certains hôpitaux. Le gouvernement continue de travailler pour améliorer la situation et assurer un meilleur accès à des soins de qualité pour tous les citoyens.
Stanislas Gbènoukpo AMOUA



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