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CROISSANCE VERTE : GGGI et Le Gouvernement béninois accélèrent l’opérationnalisation de la CDN 3.0

C’est une étape stratégique vers la concrétisation des ambitions climatiques béninoises. Les travaux de l’atelier de priorisation du pipeline de projets d’investissement verts et d’intégration des priorités de la Contribution Déterminée au Niveau National (CDN 3.0) dans les Plans de Travail Annuels (PTA) sectoriels se sont ouverts ce mercredi 5 août 2026 à la salle de conférence du ministère de l’Économie et des Finances. Prévue sur deux jours, cette rencontre organisée par le Gouvernement du Bénin, avec l’appui du Gouvernement du Grand Duché de Luxembourg et de l’Institut Mondial pour la Croissance Verte (GGGI), vise à poser les bases d’une stratégie opérationnelle de planification et de programmation budgétaire. L’objectif principal : faire passer la CDN 3.0, dont le lancement officiel s’est tenu le mardi 04 Aout 2026, du statut de document stratégique à celui de levier de financement opérationnel.

CDN 3.0 : Un document clé, en faveur de la croissance verte au Bénin

Officialisée le 4 août 2026 par le ministère du Cadre de Vie et des Transports en charge du Développement Durable, la troisième génération de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0) fixe le cap des engagements climatiques du Bénin pour la période 2026-2035. Conçue comme un véritable instrument de transformation économique et territoriale, cette stratégie nécessite une enveloppe budgétaire estimée à 14,5 milliards de dollars US (soit environ 8 000 milliards de FCFA) pour inverser la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre et accélérer la résilience nationale.

Cette feuille de route s’articule autour de plusieurs priorités sectorielles fondamentales. En premier lieu, la transition énergétique et la décarbonation visent à réduire l’empreinte carbone à travers le développement massif des énergies renouvelables, notamment le solaire, l’extension de l’électrification rurale et la promotion de l’efficacité énergétique dans les transports et le bâtiment. Parallèlement, l’agriculture durable vise à garantir la sécurité alimentaire en soutenant la restauration des sols, l’irrigation, l’agroforesterie et l’adoption de pratiques résilientes face aux changements et à la variabilité climatiques.

Sur le plan des infrastructures et de l’environnement, le plan met l’accent sur la résilience du littoral et des aménagements urbains contre l’érosion marine, la montée des eaux et les inondations récurrentes. De plus, la restauration des écosystèmes prévoit l’intensification du reboisement et la préservation des ressources forestières et hydriques afin d’accroître la capacité de séquestration du carbone. Enfin, la stratégie inclut un volet éducatif fort en partenariat avec l’UNICEF, à travers l’initiative « La CDN 3.0 expliquée aux enfants », destinée à promouvoir l’éco-citoyenneté et la culture du développement durable dès le plus jeune âge.

Une mobilisation plurisectorielle stratégique

Inscrite dans le cadre du projet BEN004/OS2 mis en œuvre depuis septembre 2025, la cérémonie d’ouverture a réuni une trentaine de décideurs et d’experts. Le tour de table a rassemblé des représentants des ministères sectoriels, de l’Autorité d’enregistrement des projets carbone (AEPC), des Agences de développement agricole, de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), ainsi que des acteurs de la société civile et du monde de la recherche. Tous s’accordent sur l’urgence de traduire les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcement de la résilience nationale en mesures pragmatiques, destinées à être intégrées dès la programmation budgétaire des PTA 2027. « Cet atelier marque une étape importante dans le passage des priorités climatiques aux projets verts bancables. Notre ambition est double : renforcer l’appropriation de la CDN 3.0 par les départements sectoriels afin qu’elle intègre leurs processus de planification, et prioriser des idées de projets capables d’attirer des financements publics, privés et concessionnels. » a affirmé Olade Balo AKAKPO, Coordonnateur du projet de mise en place de l’Unité du Financement Climat au Bénin , au nom du Représentant Résident de GGGI Bénin. Pour l’institution internationale, la mobilisation des financements climatiques repose en amont sur la clarté des priorités nationales, une coordination interinstitutionnelle rigoureuse et la structuration de projets répondant aux exigences des investisseurs internationaux.

Le carbone comme actif financier de premier ordre

Cette rencontre matérialise un changement de paradigme majeur dans la gestion de l’action climatique au Bénin. En exploitant les opportunités offertes par l’article 6 de l’Accord de Paris et les mécanismes de transfert international des résultats d’atténuation, le pays entend positionner le carbone comme un véritable actif financier. Pour Jacques Kouazounde, Secrétaire permanent du Conseil Béninois pour le Développement Durable (SP-CBDD) et représentant de la présidente de l’AEPC, les investissements d’État dans l’énergie, l’agriculture, la foresterie ou la gestion des déchets doivent désormais répondre aux standards internationaux les plus stricts : « L’exercice de priorisation que nous entamons est la première étape d’une transformation majeure. Il s’agit de s’assurer que les futurs projets d’investissement soient structurés selon une haute intégrité environnementale, condition sine qua non pour mobiliser des capitaux étrangers et des financements additionnels. »

Une obligation comptable et institutionnelle

Au-delà de la recherche de financements internationaux, l’enjeu réside dans l’ancrage institutionnel de la gouvernance climatique. Dans le système budgétaire béninois, toute mesure absente des PTA sectoriels ou non adossée à des indicateurs de performance reste inexécutée. Calixte Houssou, chef du service de l’atténuation des changements climatiques et représentant le Directeur Général de l’Environnement et du Climat, a rappelé la portée transversale de cette démarche. « Le climat n’est plus la chasse gardée d’un ministère technique, il est le dénominateur commun de l’action publique. Chaque plan directeur d’urbanisme, de santé ou d’industrie doit s’ajuster aux cibles de notre CDN. Cette systématisation dans les PTA est le seul moyen crédible de bâtir un pipeline national de projets verts bancables. » a t-il laissé entendre avant de souhaiter plein succès aux travaux. Au cours de cette première journée, les participants ont travaillé sur la définition et l’appropriation des priorités d’investissement climatique à court terme, à travers deux sessions avec des communications techniques sur la CDN 3.0 et la finance climatique, suivies de travaux de groupes sectoriels sur des thématiques variées telles que l’agriculture, l’énergie, les ressources en eau, le transport et la santé. Ces travaux étaient dédiés à l’identification des domaines prioritaires et à l’évaluation des lacunes institutionnelles . A terme, les attentes sont nombreuses surtout à quelques mois de la finalisation des PTA 2027 . Les participants ont donc pour seule mission de transformer les objectifs d’atténuation et d’adaptation de la CDN 3.0 en fiches de projets concrètes et bancables. Pour la facilitatrice Pays du NDC Partnership Christelle Mariane AZEHOUN cet atelier revêt d’une importance particulière. « Pour moi entant que facilitatrice pays, cet atelier va nous permettre de passer de l’ambition à l’action de façon concrète traduite dans le PTA au niveau sectoriel». Un point de vue bien partagé par tous les participants. Elle constitue également un moyen d’appropriation du contenu de ce document. C’est ce que nous explique Léa TCHEDJI, Représentante de la Société de gestions des déchets et de Salubrité (SGDS SA) « Étant donné que dans les travaux préparatifs de l’élaboration de cette CDN 3.0, la SGDS a contribué sur volet gestion des déchets. C’est le moment de nous approprier ce document et de pouvoir mettre en œuvre les actions indiquées afin de tendre vers la transition verte». Une photo de famille a sanctionné la première journée de cet atelier, dont les travaux s’achèveront le jeudi 6 août 2026, avec pour ambition de doter les secteurs concernés d’une feuille de route opérationnelle en faveur de la mise en œuvre de la CDN 3.0.

Araphath ADAM

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